samedi 22 octobre 2011

Introduction au véhicule électrique :

L’homme n’a longtemps eu que ses pieds pour se déplacer. L’invention de la voiture individuelle à la fin du 18ème siècle a révolutionné nos sociétés, nos rapports à la distance et au déplacement. Aux prémisses de l’ère industrielle, trois technologies de propulsion cohabitaient : la vapeur, le thermique et l’électrique.
La voiture électrique a longtemps tenu la dragée haute aux autres véhicules, puisqu’en 1900, la majorité des voitures étaient propulsées par la force de l’électron. Cependant, la voiture électrique (VE) a vite perdu de sa vitesse face aux voitures à explosions industrialisées par Ford, à l’époque du pétrole bon marché et des préoccupations environnementales inexistantes. Peu importe les gaz d’échappement ; le démarrage à manivelle viril et le bruit profond du moteur à explosion ont fait de l’automobile un objet de désir, renvoyant une image de liberté et de puissance qui a gagné l’imaginaire des Hommes.
Nombre voitures monde par continent
Nombre de véhicules individuels dans le monde
Le 20ème siècle a ainsi vu triompher le modèle de l’automobile individuelle. Nos sociétés, nos villes et nos campagnes ont été transformées par la généralisation de la consommation automobile de masse, si bien que le monde compte aujourd’hui près d’un milliard de voitures, principalement thermiques.
Pourtant, cette révolution majeure du siècle dernier, qui a profondément transformé nos modes de vie, s’est accompagnée de son cortège de maux, d’aberrations et de non sens qui ont plusieurs fois remis en question le bien-fondé de son utilité.
Actuellement, les transports dépendent à 97% du pétrole (IFP, 2006). Le trafic automobile a de grandes implications géopolitiques et nourrit certains conflits et désordres planétaires. Par ailleurs, l’automobile représente 13% des émissions de CO2 dans le monde et 20% en Europe. Les grandes agglomérations sont saturées par les monoxydes et dioxydes de carbone (CO, CO2), les oxydes d’azote (NOx) et autres fines particules résultant de la combustion des carburants des voitures thermiques. Les conséquences sont importantes sur la qualité de vie.
trafic automobile pollutionAinsi, au rythme des chocs pétroliers et au fur et à mesure de la prise en compte des enjeux environnementaux par les consommateurs et gouvernements, la voiture écologique est apparue comme une solution partielle mais crédible à certains troubles générés par le trafic routier. De nombreux programmes de développement d’automobiles propres ont été menés et des tests concluants réalisés.
Pourtant, force est de constater que la voiture économique et électrique, qui a souvent été présenté depuis un siècle comme l’innovation de la décennie, n’a toujours pas rencontré le moindre succès. La voiture écologique s’est toujours terminée par des échecs techniques ou commerciaux. Est-elle une innovation vouée à des désillusions perpétuelles ? Le regain de popularité actuel qu’elle connaît n’est-il qu’un feu de paille ?Voiture individuelle électrique
Nous connaissons aujourd’hui un paradigme historique dans l’intégration des enjeux environnementaux, tant dans les politiques gouvernementales que dans les comportements des consommateurs. Les travaux du GIEC et la mobilisation autour de la conférence de Copenhague sont là pour en témoigner. Par ailleurs, les programmes de vehicules électriques des constructeurs automobiles semblent intégrer des plans de commercialisation de masse, ce qui est une première. La voiture électrique sera-t-elle donc à l’origine d’un changement de paradigme de la mobilité individuelle ? Au contraire, le véhicule électrique est-il voué à un échec perpétuel ?